La 10e édition de VivaTech a confirmé une chose pour la Station FinTech Montréal : sa notoriété est désormais bien établie en France et auprès de plusieurs acteurs des écosystèmes européens. La prochaine étape consiste maintenant à transformer cette visibilité en occasions d'affaires concrètes.
VivaTech s'est tenue à Paris du 17 au 20 juin 2026 pour sa 10e édition. Organisé autour de grands thèmes tels que l'intelligence artificielle (« Impact, Not Illusion »), la souveraineté numérique, la cybersécurité et le passage à l'échelle des entreprises technologiques, l'événement a réuni les principaux décideurs européens de l'innovation. Finance Montréal et la Station FinTech Montréal y étaient présentes, accompagnées d'une délégation de startups et de partenaires de l'écosystème québécois. Voici les principaux constats tirés de cette mission.
La souveraineté est devenue un critère d'achat
La souveraineté numérique alimente les discussions de VivaTech depuis plusieurs années, mais l'édition 2026 marque un véritable tournant : elle s'est imposée comme un critère d'achat à part entière.
Les échanges avec les banques, les grandes entreprises et les régulateurs l'ont rapidement confirmé. La qualité technologique ne suffit plus. Ce sont désormais la conformité réglementaire, la localisation des données et la capacité à démontrer un retour sur investissement rapide qui conditionnent l'accès au marché européen.
Cette évolution se reflète notamment dans l'intérêt croissant porté aux solutions européennes, comme ChapsVision, ainsi qu'au soutien accordé à l'initiative de paiement Wero.
L'IA ne suffit plus, la robotique s'annonce
L'intelligence artificielle était omniprésente. Une très grande majorité des startups présentes plaçaient désormais l'IA au cœur de leur proposition de valeur, au point où cet argument ne constitue plus, à lui seul, un facteur différenciant.
Les investisseurs comme les institutions recherchent désormais moins des démonstrations technologiques que des preuves d'adoption, d'intégration et de création de valeur. La différenciation se joue aujourd'hui sur l'exécution et le modèle d'affaires.
En parallèle, une nouvelle tendance émerge : plusieurs observateurs identifient déjà la robotique ou « Physical AI » comme la prochaine grande vague d'innovation.
Des startups québécoises se démarquent
Plusieurs entreprises de la délégation ont retenu l'attention.
Volenretard (FlightClaim) s'est notamment distinguée par une approche pragmatique de l'IA appliquée à l'automatisation des recours des passagers aériens, une proposition qui a suscité de nombreux échanges auprès des acteurs rencontrés sur place.
Une autre startup du programme Validation, Fireraven, a également suscité un intérêt marqué grâce à une solution permettant de sécuriser les données lorsque des agents d'IA sont connectés aux systèmes d'entreprise.
Ce que cela ouvre pour nos membres
Pour les membres de Finance Montréal, le message est clair : le marché français demeure l'une des portes d'entrée les plus naturelles vers l'Europe.
Concrètement, la voie la plus prometteuse pour les startups fintech québécoises consiste à proposer des preuves de concept payantes, mesurables et déployables rapidement, avec un rendement démontrable en trois à six mois. Plusieurs grandes institutions privilégient désormais ce type d'approche à des projets exploratoires de longue durée.
Répondre aux exigences de souveraineté des données cesse d'être une contrainte pour devenir un véritable argument commercial.
Plusieurs résidents de la Station FinTech Montréal faisaient d'ailleurs partie de la délégation. Celle-ci revient également avec une cartographie des fintechs et institutions financières rencontrées, qui facilitera les mises en relation au cours des prochains mois.
Montréal face aux grands marchés
VivaTech est aussi, et peut-être surtout, une question de positionnement.
L'Allemagne, pays de l'année, y a déployé une présence imposante, tandis que l'Inde, partenaire officiel de l'IA, mettait de l'avant son cadre de gouvernance aux côtés de la France.
Sur le plan du volume, Montréal ne cherche pas à rivaliser avec de tels déploiements. Son avantage repose plutôt sur une expertise mondialement reconnue en intelligence artificielle portée notamment par Mila, IVADO et l'écosystème Scale AI, un secteur fintech agile et une position stratégique à la jonction des marchés nord-américain et européen.
L'objectif n'est donc pas de rivaliser par la taille, mais de s'imposer comme un partenaire crédible auprès d'institutions européennes à la recherche de solutions innovantes, responsables et conformes à leurs exigences.
La valeur d'une délégation
Enfin, le format de la délégation a démontré toute sa valeur.
En étant plusieurs, il a été possible de couvrir simultanément les stands des institutions financières, les hubs d'innovation et les nombreuses activités de réseautage, une couverture qu'aucune organisation n'aurait pu assurer seule.
Cette présence coordonnée, grâce à Québec Tech, a notamment contribué au succès d'une journée entièrement consacrée à la fintech, saluée pour la qualité de ses échanges et la maturité des entreprises réunies.
Elle a également renforcé la visibilité de la Station FinTech Montréal comme porte d'entrée vers l'écosystème québécois, tout en ouvrant plusieurs discussions concrètes autour de futures collaborations à Montréal, notamment dans le cadre du Forum Fintech.
La suite
Au final, VivaTech confirme que la présence de Montréal à ce type de rendez-vous relève autant du positionnement stratégique que du développement d'affaires.
La Station FinTech Montréal y consolide sa visibilité auprès des grands acteurs européens, tandis que les startups québécoises y trouvent un terrain propice pour développer de nouveaux partenariats.
Reste maintenant l'essentiel : transformer cette reconnaissance en collaborations durables, en occasions d'affaires concrètes et, ultimement, en investissements et en retombées pour l'écosystème québécois.

