Découvrez l’étude Décarbonation et finance durable de Finance Montréal
Mesurer ses émissions, fixer une cible, en parler à son conseil : pour une jeune entreprise du secteur financier, la décarbonation peut sembler un chantier de plus.
Une nouvelle étude de Finance Montréal montre que le premier pas est souvent plus petit qu’on le pense, et qu’il peut devenir un argument auprès des clients et des investisseurs. L’étude a été rédigée pour Finance Montréal par Rose des Vents, cabinet-conseil en finance durable. Les deux fintechs présentées dans l’étude, Evovest et Borealis GAM, sont établies à la Station Fintech.
Pourquoi s’en préoccuper maintenant
Les grands clients et les investisseurs institutionnels sont soumis à des exigences climatiques de plus en plus précises. Ces exigences descendent dans la chaîne de valeur, jusqu’aux PME qui les servent. Au Québec, la Feuille de route en finance durable publiée en juin 2026 et la future taxonomie canadienne vont dans le même sens.
Ottawa a annoncé le 8 avril 2026 la création du Conseil de la taxonomie et de la transition, qui doit fixer des critères communs pour les investissements verts et de transition. La Feuille de route québécoise sera déployée progressivement, avec un plan de mise en œuvre attendu en 2026-2027. Selon l’étude, une démarche structurée aide à mieux gérer les risques, à suivre l’évolution des exigences réglementaires et à renforcer sa crédibilité auprès des clients, des investisseurs, des partenaires et des employés.
Pourtant, selon le Baromètre 2025 de Québec Net Positif, seulement 22 % des entreprises québécoises ont réalisé un inventaire de GES, et moins de la moitié d’entre elles (45 %) couvrent l’ensemble de leurs émissions, directes et indirectes. Pour une PME qui se positionne dès maintenant, l’écart est une occasion de se démarquer.
L’exemple d’Evovest : commencer par ce qu’on contrôle
Evovest, gestionnaire montréalais spécialisé en stratégies quantitatives fondées sur l’apprentissage machine, n’a pas attendu d’avoir une méthode parfaite. L’entreprise a mesuré ses émissions opérationnelles, les compense intégralement et subventionne à 100 % le transport en commun de son équipe. Sa cible, fixée pour 2030, a été atteinte en 2025.
« Décarboner ses opérations, pour une entreprise de services, c’est simple à faire. Je pense que c’est une montagne dans la tête des gens, mais réellement, ça peut se faire en un avant-midi. »
Carl Dussault, fondateur et PDG, Evovest
Son conseil : utiliser des cadres existants, comme la certification B Corp ou les Principes pour l’investissement responsable, comme outils de diagnostic plutôt que de tout réinventer.
L’exemple de Borealis GAM : le climat comme donnée de risque
Borealis GAM, qui combine recherche fondamentale et outils quantitatifs, intègre le climat à l’analyse de chaque titre en portefeuille. Pour la firme, c’est une question de gestion du risque et de création de valeur à long terme, pas d’étiquette verte.
« Une entreprise qui adopte des pratiques durables peut développer une clientèle plus fidèle, prête à payer une prime pour les produits et services qu’elle offre. La durabilité ne relève donc pas uniquement de considérations environnementales : elle représente également un enjeu économique. »
Valérie Cecchini, associée gestionnaire, Borealis GAM
Trois gestes pour démarrer
- Calculer ses émissions opérationnellesPour une entreprise de services, quelques heures et un outil en ligne suffisent pour obtenir un ordre de grandeur. Un calcul imparfait, mais réalisé, vaut mieux qu’une méthode idéale qui n’arrive jamais. Pour mesurer ensuite les émissions financées, l’étude cite le cadre PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials) comme référence.
- Mettre le sujet à l’ordre du jour du conseilSeules 37 % des entreprises québécoises en parlent au conseil d’administration. L’étude recommande d’intégrer le climat à la planification stratégique, aux politiques internes et aux indicateurs de performance, et de former administrateurs et dirigeants aux risques et aux obligations qui y sont liés.
- Communiquer avec transparencePublier ses calculs d’émissions, ses politiques et ses listes d’exclusions renforce la crédibilité et prévient l’écoblanchiment. Un suivi régulier des résultats permet aussi d’ajuster sa stratégie et de mobiliser son équipe.
Télécharger l’étude
L’étude détaille six points d’entrée en tout, avec les conseils complets des deux dirigeants. Vous y trouverez :
- un diagnostic de la décarbonation dans les PME du secteur financier québécois;
- les expériences de Borealis GAM et d’Evovest, avec les conseils de leurs dirigeants;
- les six points d’entrée détaillés pour structurer une démarche.
Cette étude s’inscrit dans I.M.P.A.C.T., une initiative de six grappes industrielles québécoises soutenue par le gouvernement du Québec.

